Le logement

  • Investir dans la pierre...de Jérusalem ?

    Par Arié Haddad

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    Une ruelle du quartier juif (rénové) de la Vieille Ville de Jérusalem

    Au delà du jeu de mots, la question se pose sérieusement dans le cadre de la עֲלִיָּה - Aliyah : est-il préférable d’acquérir un bien immobilier dès l'arrivée en Israël (voire même avant) ou de prendre une location pendant quelques temps ? Sans rentrer dans tous les détails des offres du marché de l'immobilier ou des démarches à suivre (vous pourrez pour cela vous tourner vers nos partenaires), nous voulons dans ces quelques lignes, présenter succinctement les principaux éléments à connaître

     

    Pas d'HLM ni d'APL, ni de quelconque autre aide au logement

    Vue prise le 3 fevrier 2009 de l immeuble hlm de montlucon ou deux nouveaux nes ont ete retrouves morts la veille dans une cave

    Les "barres" typiques des années 70 dans le logement social

    Si en France on peut réduire le poste "logement" du budget familial en bénéficiant d'une habitation à loyer modéré ou d'une aide conséquente, ici, cela n'est pas possible : il n'existe aucune aide au logement. Bien sûr les prix sont adaptés aux revenus mais ils restent élevés dans la région appelée מֶרְכָּז – centre du pays (par opposition à פֶּרִיפֶרְיָה – comprenez le nord et le sud, considérés comme régions moins riches). Malgré nombre d’éléments qui peuvent pousser à acquérir un bien, c’est donc souvent l’aspect financier qui sera décisif. Mais comme dit dans notre précédent article qui dépeint les différentes sortes de régions et quartiers, la première chose à savoir est : où voulez-vous habiter ? Si vous avez choisi, il est sans aucun doute préférable d'y acquérir un bien, pourquoi ?

    Combien de fois voulez-vous déménager ?

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    Gardez le sourire, ce n'est que la 5e fois cette année !

    A part l'avantage de la constitution d'un patrimoine, acheter est préférable à louer en Israël car cette option ne permet pas un ancrage satisfaisant, les locations étant assez rares et souvent de courtes durées. Si votre bailleur décide de revendre le bien, de le reprendre pour y habiter lui-même ou y loger un de ses proches, il pourra alors ne pas prolonger le חוֹזֶה – contrat de location (souvent d'un an). Il vous restera quelques courts mois pour partir à la recherche d'une autre location, et si vous ne trouvez pas dans le quartier, vous risquez de perdre vos repères...Combien de nouveaux immigrants ont témoigné avoir déménagé plusieurs fois pendant les premiers mois !

     

    Petit logement deviendra grand

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    Immeuble agrandi par l'ajout d'une construction sur le toit

    Vous ne pouvez pas, pour l'instant, acheter un grand logement dans le quartier de votre choix ? Pas de souci, acheter un petit logement ne vous obligera pas forcément à le revendre ensuite, vous pourrez l'agrandir, voire même lui adjoindre une יְחִידַת דִּיּוּר – sorte de studio ou petit appartement destiné à la location, quitte à passer par un remaniement de votre מַשְׁכַּנְתָּא – prêt hypothécaire, que votre banque se réjouira de vous accorder.

     

    L'investissement locatif, en attendant

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    Un panneau rare : "à louer"

     

    L'investissement locatif dans le cadre de la Aliyah ? Oui, car rien ne vous empêche d'acquérir un bien que vous voudriez plus tard habiter ou même revendre, en commençant par habiter une location pendant une période de transition. Les chiffres montrent qu'il est possible de financer l'acquisition d'un bien en le donnant à louer et il n'est pas très difficile de le reprendre ensuite, sans compter que les prix explosent, suite à une politique de maintien volontaire de l’offre inférieure à la demande, ce qui profite aux investisseurs.

     

    Une dimension particulière

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    La בִּרְכַּת כֹּהֲנִים - bénédiction des Cohanim pendant les fêtes (photo de la police)

    Enfin, acquérir un bien en Terre Sainte prend une dimension et une signification différentes de celles d'acquérir un bien dans le reste du monde. Que ce soit d'un point de vue sioniste ou à travers une notion de Mitsva d'habiter la terre et d'y voir le début de la réalisation des prophéties quant à son repeuplement, s'y installer est l'expression de la foi que l’avenir du peuple juif se trouve ici !

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  • Dis-moi où tu habites ,je te dirai qui tu es !

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    La tour Azrieli surplombant le quartier pavillonnaire "Sarona" à Tel Aviv

    Si la vue que vous avez de votre fenêtre ressemble à cette photo, vous faites partie de ces privilégiés qui peuvent habiter dans ce luxueux quartier (environ 10.000 € le m²) de Tel Aviv. En Israël, comme partout dans le monde, le prix du logement est facteur de "fracture immobilière". Mais l'argent ne fait pas tout : l'Histoire, les idéologies et l'engagement religieux sont autant d'éléments déterminants de la carte. Une réalité à connaitre avant de faire la Aliyah afin de mieux choisir son "point de chute".

     

    Tout a commencé...

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    Juifs yéménites à Aden (sud du Yémen), en attente d'un vol vers Israël en 1949.

    Lorsque David Ben Gourion a déclaré l'indépendance de l'Etat juif en 1948, il était face à un problème : les territoires à sa disposition étaient peuplés à majorité de non-juifs (il a même failli envisager de modifier pour cela la définition de "Juif"). Le besoin en ressources humaines était criant et le jeune Etat a décidé d'organiser des עליות - mouvements d'immigration massives. Toutefois, la capacité à "absorber" les populations fraîchement arrivées et à leur fournir soins, logement et travail était limitée. Par exemple, des dizaines de milliers de Juifs yéménites ont  été acheminés vers des "camps de transit" comme Roch Ha'ayin, devenus ensuite des villes, mais qu'ils n'ont plus quitté par la suite. Ce traitement a pu accentuer le sentiment de mise à l'écart et le "repli identitaire" des populations ainsi confinées dans des zones spécifiques du pays et en même temps, elles ont imprégné le milieu ambiant de leur cultures spécifiques. Il est important de connaitre ce phénomène car Il peut être difficile pour un français d'habiter une ville ou un quartier auquel il ne s'identifie pas.

     

    Les quartiers orthodoxes

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    Cour typique de Méa Chéarim, quartier orthodoxe de Jérusalem

    En France on habite souvent là ou l'on peut, quitte s'il le faut, à marcher une demi-heure ou plus pour se rendre aux offices du Chabbath. Ici, la tendance est à se regrouper autour de lieux de culte à proximité immédiate (d'ailleurs souvent édifiés pour les stricts besoins du voisinage). Pareillement, la מכולת - l'épicerie du coin - veillera à fournir ses clients en fonction de leurs demandes en termes de cacherout de haut niveau ou de goûts culinaires. Quant à l'éducation, les institutions sont aussi en osmose avec les familles alentours. Sauf cas extrêmes, on ne parlera pas de ghetto mais néanmoins de שכונות חרדיות "quartiers religieux" qui offrent leurs avantages mais ont aussi leurs propres règles vestimentaires ou comportementales. A réfléchir.

     

    Le sionisme engagé

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    La barrière de sécurité en Cisjordanie 

    SI on vous demande : "Etes-vous sioniste ?" vous répondrez peut-être par : "Oui bien sûr, la preuve : j'ai acheté un appartement à Natanya, j'y passe toutes mes vacances et je compte bien un jour m'y installer". C'est bien seulement ici l'engagement sioniste se mesure par la détermination à aller vivre dans les שטחים - territoires de Cisjordanie (exclusivement - depuis l'évacuation des implantations juives de Gaza en 2005) éventuellement, pour les plus farouches, sur des terrains bien en profondeur au-delà de la barrière de sécurité. Dans ces villes et implantations, l'ensemble de la population locale, ses institutions, la vie entière avec ses impératifs sécuritaires lourds, tournent autour de cet idéal et là aussi il n'est évident de s'intégrer pour qui ne le partage pas intégralement.

     

    Retser "entre français"

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    Le Kikar de Natanya, haut-lieu de la communauté francophone à Natanya

    En conclusion, celui qui veut venir habiter doit bien réfléchir s'il préfère une ville ou un quartier à haute concentration de français ou alors à quelle fragment de la population israélienne il se rapproche, effectuer des séjours d’étude pour « sentir » que lui et sa famille pourront bien s'intégrer.

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